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Ma première raclette

25 mars 2026 par
Administrator

Il suffit d’une odeur de fromage fondu pour que tout revienne. Je me souviens encore de ma première raclette … comme si c’était hier ! Chaque petite odeur, chaque détail me ramène à ce moment-là — à ce souvenir qui a fait naître en moi ce que j’aime le plus dans l’alimentation : le fromage. Mais bon, il faut bien commencer quelque part, non ? Alors commençons par ce qui m’a rappelé ce souvenir bien… gras : cette bouffée de chaleur et de fromage qui s’échappe d’une porte de fromagerie et me prend au piège sur le trottoir. C’est une odeur chaude type crème de chaussettes, qui colle à la gorge et qui réveille la mémoire. On sent la vache laitière et le pâturage, un parfum sucré-salé. Même la cave me revient au nez, celle de la montagne, bien humide.

Une odeur et je suis aussitôt transporté au chalet savoyard, pendant un séjour au ski… le ski de mon enfance. Le balcon craque sous la neige, le bois sent la résine et le soleil d’hiver. À l’intérieur, la grande pièce s’ouvre : une table lourde en bois, une nappe à carreaux rouges et blancs très typique, des fenêtres embuées par la vapeur, des gants qui sèchent au-dessus du radiateur, des bottes entassées près de la porte. L’appareil à raclette trône comme un petit volcan : le fromage coule en ruisseaux dorés. Ça sent la montagne, le métal chaud, la patate et la pancetta qui attend son heure. On rit, on s’appelle de partout : la pièce est vivante, même si elle est trop petite pour tous les pulls en laine et toutes les assiettes impatientes.

Pour commencer, il faut dire que quand j’étais petit, je n’aimais pas trop le fromage, et surtout pas la raclette. Je demandais même à changer de pièce pour ne pas être enfumé par l’odeur du fromage, au grand désarroi de mes parents. Dans mon souvenir, mon cousin et moi jouons sur le balcon, plein de stalactites. Dehors, il fait -5 degrés mais ce fou se met en t-shirt sans aucune raison et dévale l’escalier. On rigole comme des baleines avant d’entendre, à travers la porte entrouverte, l’appel magique. Mais que mange-t-on ? Eh bien c’est une délicieuse raclette avec du fromage soigneusement produit par les vaches savoyardes. Évidemment, je vous rappelle que je ne suis pas friand de fromage ; mais je décide, après beaucoup d’insistance de la part des autres, de goûter à ce délice de lait presque périmé. Et là, un dé-clic. Un goût, une saveur aimée par des millions de personnes. Ce goût naturel, magiquement changeur d’esprit, m’a, moi aussi, fait changer d’avis. Et je ne regrette pas ! Ma nouvelle devise devrait contenir au moins une fois le mot « fromage ».

C’est ainsi que je commence à aimer la raclette : je ne regrette rien, ni le goût, ni l’odeur. Aujourd’hui, je mange probablement le plus de fromage dans ma maison. Merci d’avoir suivi mon histoire, une histoire ordinaire qui pourrait aussi fonctionner avec le reblochon. Et, je vous souhaite une bonne dégustation. Ah oui au fait ! Je plains les personnes intolérantes au lactose… ça doit être triste, non ?

Océan dévorant
Quand la mer engloutit des vies et des terres.